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Henri IV (1553-1610), le premier souverain
de la maison de Bourbons et le plus populaire ; fils d'Antoine
de Bourbons et de Jeanne d'Albret, reine de Navarre, né
au château de Pau, chef à 16 ans, après
la mort de Condé, du parti calviniste ; roi
de Navarre, par la mort de sa mère, le 10 juin
1572 ; marié le 18 août à Marguerite
de Valois, sur de Charles
IX ; échappé, six jours plus tard, au
massacre de la Saint-Barthélemy,
au prix d'une abjuration forcée et par la suite
rétractée ; héritier présomptif
de la couronne en 1584 après la mort du duc d'Alençon,
le dernier des fils d'Henri
II ; roi de France après la mort d'Henri
III, en 1589.
Héritier légitime du trône de par
sa naissance, mais, aux yeux de ses sujets catholiques,
hérétique et relaps, il ne fut d'abord accepté
comme roi que par une partie d'entre eux.
La plupart des grandes villes, à commencer par
Paris, lui échappaient. Il lui fallut commencer,
et ce fut la tâche des neuf premières années
de son règne, par reconquérir pièce
à pièce son royaume sur ses ennemis, les
Ligueurs et leurs alliés, les Espagnols, le pacifier
et y faire reconnaître partout son autorité. |
Deux fois vainqueur du duc de Mayenne, frère
du duc de Guise et chef de la Ligue, à Arques (1589),
puis à Ivry (1590), il assiégea vainement
Paris (1590), puis Rouen (1592) ; l'intervention de l'armée
espagnole des Pays-Bas le contraignit chaque fois à
abandonner le siège.
En juillet 1593, répondant au vu de la grande
majorité des sujets catholiques, il se décida
à abjurer, définitivement cette fois, le
protestantisme. Il facilita par là le ralliement
de tous ceux qui n'obéissaient pas à des
arrière-pensées politiques et, du même
coup, désorganisa la Ligue.
Le 27 février 1594, il fut solennellement sacré
selon le rite traditionnel, dans la cathédrale
de Chartres, et moins d'un mois plus tard, il reprit,
sans effusion de sang, possession de sa capitale.
Il lui fallut néanmoins, pendant quelques années
encore, négocier et guerroyer pour obtenir et,
dans bien des cas, acheter la soumission des derniers
chefs ligueurs et en finir avec les Espagnols.
En 1598 enfin, il procura à la France à
la fois la paix religieuse par l'Edit
de Nantes (avril), qui régla la condition des
protestants et leur garantit la liberté de conscience
et de culte, et la paix extérieure par le traité
de Vervins (mai) avec Philippe II d'Espagne.
La seconde partie de son règne, de 1598 à
1610, fut, au point de vue intérieur, une période
de restauration, à la fois restauration de l'autorité
royale, gravement affaiblie sous les trois derniers Valois,
et, dans un pays où 36 ans de guerres
civiles avaient accumulé les ruines, restauration
de la prospérité publique.
Avec des allures simples et familières et sous
des dehors d'une bonhomie volontiers narquoise, il avait
cependant le goût et le sens de l'autorité.
Il avait l'art de commander avec bonne grâce et
savait envelopper ses ordres sous les formes de la prière,
mais il entendait, en fin de compte, être obéi
et il sut se faire obéir. Il n'hésita pas,
quand il le fallut, à faire acte d'autorité,
au besoin à user de rigueur et à faire un
exemple parmi ceux des grands chez qui persistait l'esprit
factieux du temps des guerres civiles.
Un de ses vieux compagnons d'armes, le maréchal
de Biron, gouverneur de la Bourgogne, se laissa aller
à comploter, d'abord avec le duc de Savoie, puis
avec le roi d'Espagne.
Henri IV pardonna la première fois et se déclara
prêt à pardonner encore le second complot,
si Biron voulait en faire le franc aveu.
Biron, qui ne voulait rien avouer, fut condamné
à mort par le Parlement et décapité
(1602).
Henri IV prit indistinctement, comme ministres, des protestants
et des catholiques, voire des ligueurs repentis.
Dans son uvre de relèvement de la France,
il fut principalement secondé par un de ses anciens
et fidèles compagnons d'armes, Sully, qui fut auprès
de lui, non pas, comme on le dit parfois, un Premier Ministre,
mais un confident et un conseiller précieux et
très écouté.
Avec Sully, il mit de l'ordre dans les finances et y fit
régner la plus stricte économie. Avec lui
également, il s'efforça d'accroître
les ressources du royaume et de favoriser l'agriculture,
de soulager les paysans par la remise des impôts
arriérés et la diminution de la taille.
Il les défendit contre les pilleries des gens de
guerre et, surtout, leur assura le grand bienfait de plusieurs
années de paix.
Moins exclusif que Sully, pour qui "pâturages
et labourage étaient les seules vraies richesses
de la France", il entreprit de développer
l'industrie en restaurant les industries tombées
en décadence, comme la draperie et la tapisserie,
et en introduisant en France des industries nouvelles,
spécialement des industries de luxe, pour lesquelles
nous étions tributaires de l'étranger, comme
la fabrication des soieries à Tours
et à Lyon. Il s'efforça également
de développer le commerce maritime et conclut des
traités de commerce avec l'Angleterre et la Turquie.
Il encouragea les entreprises coloniales : à l'imitation
des Hollandais et des Anglais, une compagnie des Indes
orientales fut créée, qui, d'ailleurs avorta
; la colonisation du Canada, la "Nouvelle-France",
fut commencée par Champlain qui y fonda Québec
(1608).
Au point de vue extérieur, cette seconde partie
du règne ne fut marquée que par une courte
guerre contre le duc de Savoie (1600) : elle valut à
la France l'acquisition de petits pays, Bresse, Bugey,
Valromey, pays de Gex, qui forment actuellement la majeure
partie du département de l'Ain.
En 1610, Henri IV étudiait les conditions européennes
d'une nouvelle guerre, autrement importante, quand le
14 mai il fut assassiné par un fanatique, Ravaillac.
Henri IV avait obtenu, en 1599, l'annulation de son mariage
avec Marguerite de Valois.
Il épousa, l'année suivante, la nièce
du grand-duc de Toscane, Marie de Médicis. Il eut
d'elle six enfants : trois fils, Louis qui lui succéda,
un enfant qui mourut à 4 ans et Gaston d'Orléans,
et trois filles qui épousèrent respectivement
: Élisabeth, le roi d'Espagne Philippe IV, Christine,
le duc de Savoie Victor-Amédée, Henriette-Marie,
le roi d'Angleterre Charles 1er, Henri IV, le "Vert-Galant",
eut de très nombreuses maîtresses, dont les
plus connues furent Diane d'Andouins, dite "la
belle Corisande", Gabrielle
d'Estrées, Henriette d'Entragues, qu'il fit
marquise de Verneuil, Jacqueline de Bueil, Charlotte des
Essarts.
De Gabrielle
d'Estrées, notamment, il eut un fils, le duc
de Vendôme, qui fut la souche d'une maison. |
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