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Louis XIV, "le Grand", né en
1638 à Saint-Germain-en-Laye, fils et successeur
du précédent.
Il n'avait que cinq ans à son avènement
; sa mère, Anne d'Autriche, fut officiellement
régente jusqu'en 1651 ; en fait, ce fut l'homme
de confiance de celle-ci, le cardinal Mazarin, qui gouverna,
et cela jusqu'à sa mort en 1661.
Le gouvernement de Mazarin - Le ministère
de Mazarin fut marqué par deux ordres de faits
importants : au point de vue intérieur, la guerre
civile de la Fronde, dernière manifestation
brutale et désordonnée d'opposition armée
à l'autorité royale, et dont l'échec
assura le triomphe de la monarchie absolue ; au point
de vue extérieur, la fin de la guerre de Trente
ans et la fin de la guerre particulière avec l'Espagne
qui en fut comme un prolongement (traité de Münster
en Westphalie, en 1648, qui introduisit la domination
française en Alsace; traité des Pyrénées,
en 1659, qui assura à la France, aux dépens
de l'Espagne, des agrandissements territoriaux immédiats,
Artois, Roussillon, et, par le mariage de Louis XIV avec
l'infante Marie-Thérèse, fournit matière
aux revendications ultérieures de Louis XIV sur
la succession d'Espagne). |
L'absolutisme
à l'apogée - A partir de 1661, Louis
XIV fut lui-même, suivant son expression, son Premier
ministre. Son gouvernement personnel, qui dura 54 ans,
fut l'apogée en France de la monarchie absolue
: les circonstances s'y prêtèrent, mais la
personnalité même du roi y contribua aussi
pour une très large part (air d'aisance majestueuse
qu'il gardait jusque dans ses moindres actes et qui donnait
de lui l'impression d'un être au-dessus de la commune
condition humaine; idée très haute qu'il
se faisait des droits comme des devoirs de la royauté
; assiduité exemplaire à diriger lui-même
les affaires de son royaume et à remplir son "métier"
de roi).
Servi par de grands ministres (Colbert, qui lui assura
des ressources en développant la richesse publique
et en mettant de l'ordre dans les finances royales, et
qui lui créa une marine de guerre ; Le Tellier
et son fils, Louvois, qui lui donnèrent l'armée
nécessaire à sa politique ; Hugues de Lionne,
habile diplomate, formé à l'école
de Mazarin), et par de grands généraux (au
premier rang Condé et Turenne), pourvu de plus
de ressources qu'aucun autre souverain d'alors et disposant
de l'armée la plus forte, Louis XIV se trouve en
état de faire la loi à l'Europe.
Louis XIV et l'Europe - Le roi fut rapidement conduit
à une politique de prestige et de force par le
désir qu'il avait, dès le lendemain du traité
des Pyrénées, de régler à
son avantage la succession d'Espagne et d'assurer l'achèvement
territorial du royaume, mais aussi par un sentiment d'orgueil
qui lui faisait mépriser le roi d'Espagne (tout
en le craignant) et entreprendre de prouver en toutes
circonstances que la couronne française était
bien la première de la chrétienté.
De ses ambitions, de son rêve de grandeur, de la
volonté manifestée par les puissances européennes
jalouses, inquiètes, ou réellement menacées
selon les cas, mais toutes dressées en de multiples
coalitions contre la politique du roi de France, sortirent
quatre grandes guerres. La guerre de Dévolution
(1667-1668), puis la guerre de Hollande (1672-1678)
lui permirent d'enlever à l'Espagne de nouveaux
territoires (morceaux de la Flandre, Franche-Comté)
et de reculer d'autant, au Nord et à l'Est, les
frontières du royaume.
Mais les autres États commencèrent à
s'unir contre lui. Déjà, à son agression
contre la Hollande (1672) avait répondu une première
coalition européenne.
De nouvelles manifestations de sa politique envahissante
et provocante (notamment les "réunions"
opérées par lui en pleine paix, de 1679
à 1681) en déterminèrent une seconde
et ce fut la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697)
; il tint tête, comme dans la guerre de Hollande,
à ses adversaires, mais déjà plus
difficilement. Enfin l'ouverture de la succession d'Espagne
en provoqua une troisième. La guerre de la Succession
d'Espagne (1701-1714) lui valut de graves échecs
; la France fut envahie et parut sur le point de succomber;
différentes circonstances, entre autres la victoire
de Villars à Denain (1712), lui permirent de se
relever et de conclure la paix (traités d'Utrecht
et de Rastatt) sans de trop gros sacrifices : un des petits-fils
de Louis XIV, Philippe V, était reconnu comme roi
d'Espagne ; la France gardait à peu près
intégralement ses acquisitions territoriales en
Europe, mais elle sacrifiait certains de ses territoires
coloniaux, cédés à l'Angleterre ;
surtout, elle sortait de la guerre fatiguée et
dépossédée de la suprématie
qu'elle avait, un moment, exercée en Europe.
Louis XIV allait laisser le royaume épuisé
et affaibli par les dernières années de
son règne.
Ombres et lumières
du règne - Louis XIV créa de toutes
pièces, à Versailles, l'immense palais qui,
à partir de 1682, devint la résidence habituelle
du roi et de la cour. Conseillé par Colbert, il
se donne le rôle de mécène, protecteur
des lettres, des sciences et des arts. Une réunion
rare de grands écrivains et de grands artistes
contribue, autant que la supériorité de
ses armes, à donner à son règne un
éclat et, pendant longtemps, à la France
un prestige également exceptionnels : ce fut "le
siècle de Louis XIV".
En matière religieuse, Louis XIV persécuta
les dissidents, Port-Royal et les protestants, et, moins
prudent que Richelieu et que Mazarin, entreprit de ramener
ces derniers, de gré ou de force, au catholicisme
: la révocation de l'Édit
de Nantes (1685) et ses conséquences dommageables
à la France (émigration de nombreux protestants
; révolte des protestants des Cévennes,
les Camisards, en pleine guerre de la succession d'Espagne)
furent l'aboutissement de cette politique.
Louis XIV eut de nombreuses maîtresses : les principales
furent Mlle
de La Vallière et Mme de Montespan.
Après la mort de la reine Marie-Thérèse,
il épousa secrètement Mme de Maintenon.
De Marie-Thérèse il eut six enfants, trois
fils et trois filles. Seul, le fils aîné,
Louis dit "le Grand Dauphin", vécut
jusqu'à l'âge d'homme.
De ses maîtresses il eut également, et en
plus grand nombre, des enfants qu'il fit légitimer
: de Mlle
de La Vallière, le comte de Vermandois
et Mademoiselle de Blois, mariée au prince de Condé,
de Mme de Montespan, le duc du Maine, le comte de Toulouse,
Mademoiselle de Nantes, mariée au duc de Bourbons
, une autre Mademoiselle de Blois, mariée à
Philippe d'Orléans, le futur régent. |
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