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Jan Luyken, The Proclamation of the Edict of Nantes. |
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Rendu par Henri
IV le 13 avril et le 2 mai 1598, l'édit de
Nantes mit fin en France aux guerres de religion et y
institua un régime de tolérance religieuse
alors inconnu en Europe.
Il accordait aux protestants amnistie pleine et entière
pour le passé et, pour l'avenir, libre exercice
de leur culte, sauf à Paris et dans un rayon de
cinq lieues, ainsi que dans les camps militaires.
Il déclarait les réformés admissibles,
au même titre que les catholiques, à toutes
les charges et dignités.
Aux droits qui leur étaient ainsi reconnus s'ajoutaient
des privilèges jugés momentanément
nécessaires en tant que garanties contre un retour
offensif d'intolérance.
Pour le jugement des procès où des protestants
étaient parties, une chambre de l'édit,
composée de catholiques et de protestants, était
instituée au parlement de Paris, ainsi que des
chambres mi-parties à Nérac, pour
le parlement de Toulouse, et dans les parlements de Grenoble
et de Bordeaux. |
Les protestants pouvaient tenir des assemblées
périodiques constituées à l'image
des États Généraux, et avoir à
la cour des députés, interprètes
auprès du roi de leurs vux et doléances.
Enfin, ils restaient, à titre provisoire, les maîtres
d'une centaine de villes fortes, dites places de sûreté,
dont La Rochelle, Saumur,
Montauban, Montpellier. Le roi en payait les garnisons
et en nommait les gouverneurs avec l'agrément des
Églises.
L'édit de Nantes ne fut publié qu'un an
après, à cause de l'obstruction des parlements.
Malgré les avantages obtenus, un sentiment de défiance
persista chez les protestants, aggravé, après
la mort d'Henri
IV, par les influences catholiques qui s'exercèrent
sur la régente Marie de Médicis.
Leur agitation aboutit à des révoltes armées.
Quand Richelieu eut réprimé leur dernière
rébellion, l'Édit de grâce d'Alès
(1629) abolit leurs privilèges, leur enleva en
particulier leurs places de sûreté qui furent
démantelées, et les ramena au droit commun.
Mais, avec une modération remarquable, il leur
garantit la liberté du culte et l'égalité
avec les catholiques, et leur conserva à cet égard
le bénéfice de l'édit de Nantes,
que Louis
XIII confirma solennellement. Mazarin pratiqua à
leur égard la même tolérance.
Dès le début de son gouvernement personnel,
Louis
XIV, conformément aux idées qui avaient
cours à son époque, aussi bien dans les
pays protestants que dans les pays catholiques, se proposa
de rétablir en France l'unité religieuse.
Divers moyens furent employés pour provoquer les
conversions ; des simples tracasseries et de l'achat des
consciences, on passa aux persécutions violentes
qui s'achevèrent par les dragonnades utilisées
par quelques intendants et généralisées
par Louvois.
Mal informé, abusé sur le nombre et la sincérité
des conversions ainsi obtenues, Louis
XIV put croire que les protestants obstinés
n'étaient plus qu'une minorité négligeable
au regard des religionnaires convertis, et, le 18 octobre
1685, il révoqua l'édit de Nantes, jugé
désormais sans objet.
L'édit de révocation ordonnait la démolition
de tous les temples, autorisait les protestants à
rester en France, mais leur faisait défense de
s'assembler, pour l'exercice de leur culte, en aucun lieu
ou maison particulière, prescrivait que leurs enfants
fussent élevés dans la religion catholique,
enjoignait aux pasteurs qui refuseraient d'abjurer de
sortir du royaume dans les quinze jours, sous peine des
galères, menaçait de la même peine
les religionnaires qui tenteraient de passer à
l'étranger et punissait de la confiscation de leurs
biens ceux qui y parviendraient.
La révocation ne s'appliqua pas à l'Alsace.
Malgré une surveillance rigoureuse des frontières
et des côtes, l'exode des protestants, déjà
commencé avant la révocation, prit à
partir de 1685 des proportions considérables. Un
grand nombre de protestants, portion active, riche et
industrieuse, allèrent porter à l'étranger,
en Suisse, en Angleterre, en Hollande, en Allemagne -
surtout en Brandebourg - leur travail, leurs capitaux,
leurs industries. La France en fut appauvrie matériellement.
Elle le fut aussi moralement par la perte de tous ces
hommes qui, "ayant à opter entre ce qu'ils
avaient de plus cher au monde et leur conscience, optèrent
pour leur conscience" (A. Sorel).
Acte d'intolérance religieuse, la révocation
de l'édit de Nantes fut aussi un acte hautement
préjudiciable à l'intérêt de
la France. |
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