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Les
Chefs Militaires Vendéens : François Athanase de Charette
de la Contrie |
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Le chevalier Charette de la Contrie, officier
de marine, combat en Amérique avant de venir s'installer
dans la propriété de sa femme à Fonteclose,
près de Machecoul.
Après avoir émigré, il revient défendre
le roi
aux Tuileries le 10 août 1792. Il en échappe
en se saisissant d'un membre arraché à un
garde suisse qu'il tend comme un trophée ...
Il rabroue les paysans venus le chercher dans son manoir
de Fonteclose le 14 mars 1793 après les violences
auxquelles ils se sont livrés, mais il finit par
accepter de prendre leur tête.
Avec ses «Paydrets et Maraîchins»,
il s'illustre par la prise de Pornic,
de Challans, mais ses hommes sont souvent indisciplinés
et tentent même de fuir lors de la bataille de Torfou.
Charette est un personnage très controversé.
On lui reproche notamment de combattre seul, sans aider
la Grande Armée Catholique et Royale qu'il ne soutient
pas, par exemple à Cholet
; il préfère se lancer à l'assaut
de Noirmoutier. Charette n'accompagne pas non plus la
triste Virée de Galerne dont il avait, à
juste titre, dénoncé à l'avance l'inanité. |
Après le massacre de Savenay (23 décembre
1793) et malgré les Colonnes Infernales qui dévastent
la Vendée, Charette maintient en haleine les troupes
républicaines grâce à des opérations
de guerilla. Tantôt il est à la tête
d'une armée de 10 000 hommes, tantôt il erre
avec une poignée de fidèles au milieu des
bois.
Ce général catholique surprend par son goût
pour les fêtes et les bals qu'il organise notamment
au Bois Chevalier, près de Legé,
où la rumeur publique prétend qu'il entretient
une véritable cour d'amazones.
Charette surprend aussi lorsqu'il accepte de reconnaître
la République en signant le Traité de pacification
de la Jaunaie (17 février 1795). Est-ce un stratagème
pour refaire ses forces ou les thermidoriens lui ont-ils
promis, comme il le prétend, de lui remettre le
petit Louis
XVII ?
La paix momentanément rétablie, Charette
est accueilli en triomphe à Nantes.
Pourtant, il reprend les combats lorsqu'il apprend la
mort de Louis
XVII au Temple et le prochain débarquement
anglo-royaliste à Quiberon. Louis
XVII lui attribue la titre de «Généralissime
de l'Armée Catholique et Royale».
Mais ce n'est plus qu'un combat sans espoir puisque le
débarquement échoue et que le comte d'Artois
ne vient pas en Vendée prendre la tête des
paysans, d'autant plus las des combats que la liberté
de culte est rétablie.
Hoche fait poursuivre inlassablement Charette qui est
finalement saisi à la Chabotterie par Travot.
Jugé à Nantes,
dans la prison du Bouffay, Charette est fusillé
sur cette place des Agriculteurs (place Viarme actuelle)
où trois ans plus tôt la blessure mortelle
infligée à Cathelineau
donnait le signal de la débandade des troupes catholiques.
Charette meurt avec panache le 29 mars 1796, refusant
d'avoir les yeux bandés et donnant lui-même
le signal du tir.
Napoléon dira : «Charette me laisse l'impression
d'un grand caractère. Il laisse percer du génie.».
Sa mort, un mois après celle de Stofflet,
marque la fin de la Grand'Guerre de Vendée qui
dura de 1793 à 1796.
Plus tard, en 1832, la duchesse de Berry, mère
d'Henri V, héritier «légitime»
de Charles
X, tente de soulever la Vendée contre Louis-Philippe.
Elle échoue.
Pour faire oublier aux Vendéens la goût de
la révolte, Louis-Philippe
prend des mesures efficaces ; il décide notamment
de faire détruire la statue de Charette élevée
à Legé.
Il voulait ainsi que disparaisse le souvenir de ce chevalier
au grand cur, décidé à tout
sacrifier à ses idées, le plus coriace des
généraux royalistes. Le plus critiqué
aussi, car Charette n'était pas sans défaut
: c'est peut-être ce qui le rend plus humain et
par conséquent plus attachant.
Jean
Aoustin - Professeur au Lycée Guist'hau - Nantes |
L'exécution de Charette à
Nantes le 9 germinal an IV (29 mars 1796)

Gravure de Pierre-Gabriel Berthault d'après un
dessin d'Abraham Girardet.
B.N., Cabinet des Estampes. |
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