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Les
Chefs Militaires Vendéens : Maurice, Joseph, Louis Gigost d'Elbée |
| (Dresde, 1752 - Noirmoutier, 1794.) |
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Maurice, Joseph, Louis Gigost d'Elbée naît
à Dresde, le 21 mars 1752.
Dans cette famille, on est militaire de génération en
génération. Maurice suit la tradition familiale, et, à
16 ans, entre dans l'armée de Saxe.
En 1772, il revient en France. A 29 ans, il est lieutenant.
En 1781, Il demande le commandement d'une compagnie, mais
sa hiérarchie la lui refuse. Il décide donc de démissionner.
En 1788, d'Elbée se marie. En 1789, comme bon nombre de
vendéens, il se sent l'âme patriote. Très favorable à
la démocratie naissante, il propose son aide financière
et physique aux députés angevins et vote l'élection de
l'évêque constitutionnel d'Angers. Mais l'avènement de
la constitution civile le fait revoir ses positions. Il
décide de rejoindre les frères du roi à l'étranger. A
Worms , il devient aide de camp du général Saulais. Cependant,
en France, l'état menace de lui confisquer ses biens.
Il demande donc son congé à Saulais et rentre chez lui
en avril 1792.
D'Elbée passe l'année suivante chez lui, sans prendre
part aux débuts de révoltes. |
En 1793, la conscription de St Florent le Vieil met
le feu aux poudres. Stofflet
prend la tête des hommes de Maulévrier, et Cathelineau
celle du Pin en Mauges. D'Elbée, lui, pense qu'une insurrection
n'a que peu de chance d'aboutir. Mais les paysans de Beaupréau
le réclament à leur tête. Sous leur pression, il cède.
Il prend Beaupréau, commence par libérer les prisonniers
puis marche à la rencontre de Stofflet
et Cathelineau.
Ensemble, ils enlèvent Chemillé puis Cholet.
L'armée d'Anjou ne cesse de grossir et a besoin d'une
structure. D'Elbée et Bonchamps en ont conscience et s'y
employent. Obligés de composer avec les habitudes de vie
des paysans, ils mettent en place une organisation militaire
qui fera ses preuves et qui restera en place jusqu'à la
virée de Galerne.
D'Elbée, Cathelineau et
Perdriau, à la tête de 10 000 hommes attaquent Chemillé
. Après 10 h de combat, la ville tombe aux mains des blancs.
Après un combat si âpre, les soldats royalistes veulent
massacrer tous leurs prisonniers. D'Elbée qui n'arrive
pas à les contenir, ruse : il leur demande d'abord de
prier avec lui, et alors qu'ils récitent le Notre Père
: Pardonnes nous nos offenses comme nous pardonnons
aussi ... il leur donne l'ordre de mettre en pratique
leur prière : pardonner et surtout ne pas massacrer l'ennemi.
Le 8 avril, d'Elbée, Sapinaud
et Berrard signent un Appel à l'Angleterre. Ils demandent
aux Anglais des munitions et des hommes afin de rétablir
la monarchie en France. Le porteur du message est arrêté
avant d'avoir accompli sa mission et les Anglais ne recevront
jamais la missive.
L'armée d'Anjou, rejointe par la
Rochejaquelein continue sa marche victorieuse en direction
des Deux-Sèvres. A Bressuire, elle délivre de prison Lescure,
le Marquis de Donissan et Marigny, puis elle prend Thouars.
D'Elbée, grisé, se lance à l'assaut de Fontenay.
Son armée n'est pas assez nombreuse et l'assaut échoue.
D'Elbée est blessé dans la bataille.
Rapatrié à la Gaubretière, à deux pas de chez lui, il
retrouve, le temps de soigner ses blessures, sa femme
et son fils. Il est juste rétabli le 11 juin pour l'attaque
de Saumur.
Le lendemain, après une belle victoire, l'armée d'Anjou
élit son généralissime. D'Elbée, comme tous les autres
votants, apporte à sa voix à Cathelineau.
Le 19 juillet 1793, l'armée élit le successeur de
Cathelineau, mort le 14
juillet. On attendait Bonchamps , et c'est d'Elbée qui
est élu.
Sitôt élu, il subdivise la Vendée en 4 divisions, chacune
sous la direction d'un général : |
Frustré par cette décision inattendue, Charette
refuse de combattre avec la grande armée et fait sécession,
ne rejoignant la grande armée que pour des opérations
ponctuelles.
Le 14 août, sur l'insistance de Lescure,
d'Elbée lance les Vendéens à l'assaut de Luçon. Charette
est venu prêter main forte aux angevins.
Les Vendéens ont 30 000 hommes, contre Tunck qui n'en
a que 8 000. Mais Tunck attend les Vendéens. Il connaît
leur stratégie et leur fait mordre la poussière. Les vendéens
perdent 5 000 hommes dans les combats et les prisonniers
sont fusillés. C'est une terrible défaite qu'aucun
Vendéen ne veut assumer. D'Elbée décide le 4 septembre
de lancer la grande armée à l'assaut de Chantonnay.
Vingt mille hommes se lancent à l'assaut de la ville.
Dans un bain de sang, ils enlèvent la place, tuent 1 500
républicains et laissent 500 des leurs au bord des chemins.
La victoire a été douloureuse, mais elle est là, et c'est
à ce moment l'essentiel pour les blancs.
D'Elbée est reconduit dans ses fonctions et prend directement
la tête de l'armée d'Anjou et du Poitou. |
Le 19 septembre, la grande armée attaque Kléber à Torfou.
40 000 hommes avec à leur tête d'Elbée, Bonchamps , Lescure
et Charette combattent à la
baïonnette les Mayençais de Kléber.
Les combats sont acharnés. Au cri de rembarre, rembarre
(le cri de guerre vendéen), les vendéens avancent mètre
par mètre, et au prix de lourdes pertes. Les Mayençais
finissent par céder, laissant la ville et la victoire
aux vendéens.
Ce jour là, 600 à 1 000 cadavres blancs et 1 500 à 2 000
bleus pavent les rues de Torfou.
Un mois plus tard, les vendéens décident d'attaquer Cholet.
Bonchamps y est mortellement blessé.
D'Elbée est atteint 14 fois à la poitrine. Les 2 hommes
sont évacués, Bonchamps à St Florent et d'Elbée vers Noirmoutier. |
L'exécution du général d'Elbée,
par Leblant.
Musée de Noirmoutier |
D'Elbée arrive sur un brancard à Noirmoutier
le 2 ou le 3 novembre 1793. Les émissaires de Charette,
qui tient la place, l'accueillent avec faste et salves
de canons. Très grièvement blessé, on l'installe dans
une maison avec son épouse.
Le 2 janvier 1794, les républicains à la recherche de
Charette attaquent l'île. Leurs
7 000 hommes s'emparent facilement de la ville. Les vendéens
capitulent . D'Elbée ainsi que les autres chefs vendéens
sont faits prisonniers, tandis que 1 200 paysans, femmes
et enfants sont arrêtés et regroupés dans l'église. Conduits
60 par 60 à l'extérieur de l'église, ils sont fusillés.
Dans le même temps, les hommes de la convention interrogent
d'Elbée, et le condamne à mort.
Il est fusillé le 6 janvier. Il ne peut pas se lever à
cause de ses blessures, aussi est-il été exécuté dans
son fauteuil.
Son corps, jeté dans les douves, ne sera jamais retrouvé
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