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Jules
Romains - (1885-1972)
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"Le Midi était trop éloigné
de Paris pour pouvoir m'y rendre à mon gré, la Normandie
me parut trop humide, la Bourgogne et le Morvan trop froids en hiver.
C'est à la fois par choix raisonnable et par affection que j'ai
opté pour la Touraine."
Né en Haute-Loire en 1885 et ayant vécu la première
moitié de sa vie dans la capitale, Jules Romains fit de la Touraine
une terre d'adoption.
Plus de quarante ans durant, il séjourna dans sa résidence
de Grand'Cour, sur le coteau de Saint-Avertin,
y passant notamment l'été, tandis que prospérait
sa vigne.
Un été de Touraine qui l'enthousiasmait :
"Les
heures y connaissent leur place. Rien ne s'y bouscule ; rien n'y empiète
ou n'y chevauche. Aucune rupture.
Le moins de drames possible...
A la réflexion, je ne crois pas qu'il y ait quelque part
un été plus humain que celui-ci, ou je ne l'ai pas rencontré
; plus humain : je veux dire qui entretienne mieux l'illusion que la nature
a été faite pour l'homme." |
Ce fut là, dans le silence de la campagne, qu'il travailla à
son uvre maîtresse, de 1932 à 1947, ses "Hommes
de bonne volonté" en dix-sept volumes ayant révélé
sous des noms d'emprunt des personnalités tourangelles : Maxime
Gurau, député, Monseigneur Mionnet, l'archevêque de
Tours, qui partage en grand
secret un repas avec le préfet, Léon Manifessier, dans un
couvent derrière la cathédrale
et qui se plaint du peu de relief de la ville, ce qui lui gâche
ses promenades !
De Genevoix à Maurois, quelques visiteurs
célèbres franchirent le beau portail à fronton de
Grand'Cour, Romains se plaisant toujours à leur faire apprécier
le vin de Touraine, le sien
notamment, dont l'étiquette avait été dessinée
par l'écrivain Vercors.
Que de bons moments dans l'ombre des grands arbres de son jardin et dans
le petit vallon voisin, "tout enfermé dans un creux
de prairie, de pommiers et d'arbrisseaux romanesques".
Fait citoyen d'honneur de Saint-Avertin
en 1963, l'académicien s'éteignit à Paris en 1972. |
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