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Pierre-Fidèle Bretonneau - (1778-1862)
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Né en 1778 à Saint-Georges-sur-Cher
et descendant d'une lignée de médecins comptant huit générations,
le jeune Bretonneau s'installa en 1801 à Chenonceaux, comme simple
officier de santé, à l'issue de courtes études de
médecine à Paris.
Jusqu'en 1814, il fera là ses premières armes, y devenant
vite un notable estimé, le préfet Pommereul, dont il était
le médecin, l'ayant nommé maire en 1803.
Le château de ses amis Villeneuve lui aura aussi permis de rencontrer
des personnages de la haute société, tel l'ancien ministre
Chaptal, propriétaire de Chanteloup
et expert en vinification.
Passionné par la botanique et l'horticulture, l'officier de santé
n'en restait pas moins d'abord un homme de médecine, convaincu
de la nécessité de la vaccination gratuite.
Inlassable chercheur, et soucieux de la conservation du "fluide
vaccin", Bretonneau fabriquera ainsi de minuscules ampoules à
bout effilé. L'invention de son tube capillaire, connu sous le
nom de "tube Bretonneau" lui vaudra même l'attribution
d'une médaille en 1906. En cette époque où la variole
faisait des ravages, les bons résultats dus à sa campagne
de vaccination lui assurèrent dès 1803 une certaine renommée
: "Sur plus de trois cents enfants que j'ai vaccinés depuis
six mois, je n'en ai pas eu un seul grièvement incommodé
et... la certitude de ce préservatif est mise ici dans tout son
jour par une épidémie variolique qui n'épargne que
les vaccinés.". |
Les épidémies de 1816 et 1819 lui donneront l'occasion
d'affiner ses recherches sur le sujet tabou de la contagion, en l'occurrence
celles de la fièvre typhoïde et de la diphtérie.
Bretonneau et quelques-uns de ses élèves, dont Velpeau,
n'hésiteront pas à escalader nuitamment les murs des cimetières
et à ouvrir les fosses des malades récemment inhumés.
Les quelque quarante autopsies que ces exhumations lui permirent de réaliser
l'amèneront à mettre en évidence la notion de spécificité
morbide liée à la contagion par germe : "Un germe
spécial, propre à chaque contagion, donne naissance à
chaque maladie contagieuse. Les fléaux épidémiques
ne sont engendrés, disséminés que par leur germe
reproducteur", conclura-t-il en 1855, réfutant ainsi les
principes de Broussais sur l'inflammation.
Trente ans plus tôt, par la pratique de la trachéotomie,
dont il fut le vulgarisateur, Bretonneau avait obtenu son premier succès
dans le traitement des complications inhérentes à la diphtérie.
Il était alors médecin-chef de l'hôpital de Tours,
l'ex-officier de santé de Chenonceaux étant devenu docteur
en médecine en 1815.
Contestée par l'ancien médecin de Napoléon, Boyer,
sa thèse sur "l'utilité de la compression et en
particulier de l'efficacité du bandage de Théden dans les
inflammations idiopathiques de la peau" entendait soutenir que
"toute plaie est une porte ouverte à la mort".
Bretonneau sera aussi à l'origine d'une nouvelle thérapeutique,
opposée à celle d'Hippocrate. Recherchant les moyens de
faire disparaître les symptômes de la maladie, il défendra
la notion de remède spécifique et fustigera notamment les
diètes et saignées, encore couramment pratiquées.
Dans son "Traité de la diphtérie", il s'étonnera
ainsi "de n'avoir pas compris plus tôt que les sinapismes,
les pédiluves, les purgatifs, les lavements irritants étaient
des moyens sans rapport et sans proportion avec la nature du mal".
Cette nouvelle vision de la médecine fut évidemment professée
par le maître auprès de ses disciples, parmi lesquels se
distingueront Velpeau et Trousseau, qui devinrent
ses amis, comme le fut aussi le poète Béranger, son voisin
de Saint-Cyr.
"C'est un savant d'une modestie parfaite et d'un désintéressement
peu commun dans la capitale. Il est de plus homme d'esprit et de bonté
extrême. Vous voyez que si je meurs ici, ce ne sera pas dans les
mains d'un barbier de village", écrira le chansonnier
à propos de l'autoritaire médecin-chef, devenu l'un des
notables les plus célèbres de Touraine.
Lequel prit sa retraite en 1838 et se remaria en 1856 avec la nièce
d'un de ses anciens élèves.
Cette union entre un vieillard de soixante-dix-neuf ans et une jeune fille
de dix-neuf fit d'ailleurs scandale. Les rumeurs allèrent aussi
bon train, quatre ans plus tard, quand l'épouse du docteur donna
naissance à un fils, déclaré certes comme étant
le fils de Bretonneau, mais portant le prénom du comte Justinien-Nicolas
Clary, prétendu amant de la jeune femme.
Alors atteint par des formes sporadiques de sénilité mentale
et retiré dans son appartement parisien, "le médecin
de Tours" s'éteignit à Passy en 1862.
Ses obsèques, qui réunirent en sa ville tout le gratin tourangeau,
se firent en grande pompe.
Son épouse partagera peu après sa vie avec le comte de Clary... |
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