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Catherine
de Médicis - (1519-1589) |
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Jusque-là dédaignée comme
reine et comme épouse, sans aucune influence à la cour, Catherine
de Médicis devint maîtresse des affaires du royaume à
la mort d'Henri II,
en 1559. Aussi évinça-t-elle aussitôt sa si durable
rivale, Diane de Poitiers,
qui avait toutefois poussé le souverain à ne pas la répudier
et à lui faire dix enfants en treize ans.
Prenant une autorité qu'elle allait exercer pendant trente ans, sous
le règne de trois de ses fils : François
II, Charles IX
et Henri III, la
régente contraignit ainsi l'ancienne favorite à restituer
ses inestimables bijoux et consentit à lui céder son château
de Chaumont contre celui de Chenonceau
qu'elle trouvait magnifique et dont elle accentua la magnificence.
Elle en fit ainsi un miracle d'équilibre en élevant une gracieuse
galerie à deux niveaux sur le pont qu'avait édifié
"la Belle des Belles".
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Creusant des douves, embellissant les jardins, rectifiant le parc, créant
une magnanerie et une filature de soie, la reine-mère donna un nouvel
éclat à ce domaine qu'elle voulait aussi somptueux que les
villas des princes italiens. Ce délicat palais ancré sur le
Cher fut aussi sous son règne le théâtre de fêtes
aussi somptueuses que voluptueuses. Celles qu'elle donna notamment en l'honneur
de son fils François
II et de Marie Stuart, et plus encore, celle qu'elle offrit en 1577
à ses deux derniers fils, Henri
III et le duc d'Alençon. Lesquelles extravagantes bombances scandalisèrent
même les chroniqueurs de l'époque, la joyeuse régente
ayant à cette occasion réuni les deux cents demoiselles "d'honneur"
de son fameux escadron volant, cette arme puissante lui ayant permis de
mener ministres, ambassadeurs et adversaires "par le bout du chalumeau",
ainsi que le disait un contemporain. Pouvant se livrer aux vices les plus
éhontés, les demoiselles se devaient toutefois d'avoir "de
la sagesse, de l'habileté, et du savoir pour se garder de l'enflure
du ventre".
Chenonceau fut ainsi le séjour de prédilection de Catherine
de Médicis, qui en fit un domaine de toute beauté... et de
joyeuseté, contrastant assurément avec l'ambiance funèbre
qu'y instaura, après la mort d'Henri
III, Louise de Lorraine. Ce fut là que, couverte d'habits de
deuil et souvent retirée dans une chambre tendue de noir, la veuve
du souverain passa le reste de sa vie à prier pour l'âme de
son époux. |
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