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Joseph Fouché - (1759-1820) |
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Homme politique
né à La Martinière (Loire-Atlantique)
Ayant eu pour père un capitaine de la marine marchande,
Joseph Fouché mène ses études chez
les oratoriens de Nantes
et, selon les vux de sa famille, envisage une carrière
analogue à celle de son père. Toutefois,
il préfère devenir, en 1781, confrère
de l'Oratoire et recevoir les ordres mineurs.
En 1782, ce studieux et très pieux élève
des oratoriens, se retrouve professeur de sciences au
collège de Niort ; l'année suivante, il
enseigne à Saumur
puis à Vendôme et à Juilly. Quelque
temps plus tard, en 1788, Fouché est envoyé,
en qualité de professeur de physique, à
Arras, où il fait la connaissance de Robespierre.
La Révolution commencée, Fouché se
trouve être préfet des études au collège
de Nantes,
et quitte peu après l'état ecclésiastique
pour devenir avocat.
Mais c'est en 1790, avec son inscription à la Société
des amis de la Constitution (futurs Jacobins) que Joseph
Fouché entre dans l'histoire.
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De fait, en 1792 a lieu l'élection du jeune
avocat au siège de député de son
département d'origine à la Convention.
Marié au mois de septembre de la même année,
il rejoint Paris.
A la Convention nationale, Fouché est évidemment
amené à prendre parti au procès
du roi. En cette terrible occasion, et après
avoir affiché des idées modérées,
l'ancien oratorien opte pour les "ultra-révolutionnaires".
Il votera la mort de Louis
XVI sans appel ni sursis.
C'est ainsi que, patriote acharné, il est envoyé
en mission à Nantes,
dans l'Aube et dans la Nièvre où, avec un
fanatisme outrancier, il organise une sanglante répression
anti-nobiliaire et une ardente uvre de déchristianisation.
En 1793, Fouché, farouche Hébertiste, part,
en compagnie de Collot-d'Herbois, à Lyon, pour
y faire exécuter d'épouvantables représailles
à l'encontre des ennemis de la République
puis, estimant l'avenir de Robespierre compromis et se
trouvant lui-même être l'objet de vives critiques
au sein des comités révolutionnaires, décide
de se joindre à ceux qui ont juré d'abattre
le Tyran.
Effectivement, sans participer directement à la
journée du 9 Thermidor, il réapparaît
peu de temps après aux côtés des Thermidoriens.
Fouché va ensuite quitter ces derniers, rallier
Babeuf, être arrêté puis amnistié.
C'est alors que, grâce à la protection de
Barras, il est envoyé dans un premier temps comme
ambassadeur à Milan puis à La Haye, avant
que lui soit proposé, toujours sur les instances
de Barras, le poste de ministre de la Police, au mois
de juin 1799.
Fouché abandonne alors son protecteur et se tourne
vers Bonaparte dont il perçoit la destinée.
C'est ainsi qu'au lendemain du 18 Brumaire, Fouché
va garder son portefeuille ministériel, malgré
la défiance nourrie à son encontre par le
Premier Consul. L'opportuniste chef de la police décide
alors de perdre ses idées "avancées",
pour s'attacher à la personne de Bonaparte. Il
va créer un formidable réseau de police
secrète et voir augmenter son ascendant sur Bonaparte.
Toutefois, ce dernier continue à se méfier
de lui et, ne pouvant le renvoyer brutalement, décide
de supprimer son ministère, tout en confiant à
son ancien titulaire le siège de sénateur
d'Aix.
Fouché ne retrouvera son poste ministériel
qu'à l'avènement de l'Empire.
Alors, cet homme cynique, aux revirements légendaires,
qui répondit un jour à Napoléon qui
s'étonnait qu'il eût voté la
mort du roi : "Sire, c'est le premier service
que j'ai rendu à Votre Majesté",
sait se rendre, par les secrets qu'il détient,
à la fois indispensable et irremplaçable.
Néanmoins, il parvient aux oreilles de l'Empereur
que son ministre, très lié aux ambitions
de Talleyrand, a des contacts avec les émigrés
et s'oppose par ailleurs au mariage autrichien. Napoléon,
furieux, le congédie, confie le ministère
à Savary, puis exile l'indélicat Fouché
à Aix (juin 1810).
Après une disgrâce de trois ans, celui qui
avait été fait duc d'Otrante en 1809, est
nommé gouverneur des provinces Illyriennes et redevient
ministre de la Police durant les Cent-Jours.
Monté sur le trône de France, Louis
XVIII maintient quelques semaines Fouché à
ce poste, puis le nomme ambassadeur à Dresde.
Mais, frappé par la loi de 1816 en tant que régicide,
l'ancien ministre va perdre ses fonctions et être
exilé.
Il se retire alors à Trieste où il meurt
au mois de décembre 1820, laissant une fortune
de 14 millions et des Mémoires d'un vif
intérêt.
L'ancien oratorien jacobin sera inhumé dans la
cathédrale de Trieste. |
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