Établi sur un éperon rocheux qui domine la Loire, Amboise appartient au puissant Foulques Nerra, comte d'Anjou, puis aux seigneurs d'Amboise. Il est rattaché à la couronne de France sous Charles VII en 1434 et occupé de façon temporaire par Louis XI qui y installe la reine Charlotte de Savoie et ses enfants.
Le destin d'Amboise est surtout lié à Charles VIII qui, selon les chroniques, y naît "en l'an de grâce 1470, le dernier jour du mois de juin", et qui y meurt de façon tragique en 1498, comme le relate Philippe de Commynes.
Dans les années 1490, le jeune roi entreprend un grand dessein pour transformer le château de son enfance mais sa mort brutale met fin au projet.
Des pierres d'attente, à la tour des Minimes et à la tour Heurtault, témoignent de l'interruption de l'ouvrage.
Le château s'est peu à peu développé d'ouest en est, à partir du donjon en forme de trapèze, situé à l'extrémité de l'éperon rocheux. Une courtine nord-sud précédée d'un fossé fermait autrefois cette zone fortifiée.
Dans le donjon - au XVème siècle le mot est synonyme de château - il ne reste plus aujourd'hui qu'une belle chapelle gothique fièrement isolée. Elle était à l'origine insérée dans le logis royal construit par Louis XI puis habité par Charles VIII et Anne de Bretagne.
Le tympan moderne qui orne la façade de la chapelle a été conçu au XIXème siècle pour boucher le trou béant laissé par les arrachements, que l'on avait d'abord comblé par une rosace dans les années 1830. La destruction du logis explique la dégradation rapide
du linteau qui surmonte la porte : sa pierre tendre n'a pas été choisie pour être exposée à toutes les intempéries.
Au-delà de la ligne fortifiée fermant le donjon, dans la basse-cour, se dressait autrefois la collégiale Saint-Florentin qui fut église paroissiale jusqu'au XVème siècle. Pour des raisons de sécurité, afin de limiter l'accès au château de foules toujours suspectes de propager des maladies - on craint plus la contagion que l'insurrection -, Louis XI fait construire une autre église paroissiale dans la ville et réserve la collégiale Saint-Florentin à l'usage du château.
Charles VIII fait édifier ou terminer la chapelle du donjon dont les paiements de sculpture interviennent en 1496. Il décide aussi de franchir le fossé fortifié et de construire dans la basse-cour. Du côté nord, il édifie le bâtiment qui domine encore la Loire et le logis en retour d'équerre qui, à l'origine, comportait un étage de moins.
Du côté sud, il élève le logis des Sept-Venus dont le nom est probablement lié à un décor de statues et dont seul subsiste le niveau inférieur.
Cette construction est destinée à abriter les nouveaux logis de Charles VIII et Anne de Bretagne. Sa conception est extraordinaire puisque, contrairement à la tradition, le roi et la reine ne disposent pas chacun en propre d'une salle.
Chacun des deux logis se réduit à une chambre et à une garde-robe, disposées symétriquement de part et d'autre d'une salle dite "du milieu". La chambre du roi communique aussi avec une galerie fermée, chauffée par une cheminée, qui donne sur la cour.
L'accès au logis se fait par une "galerie à monter à cheval", rampe étroite qui prend naissance près de la collégiale et mène directement au troisième niveau du logis des Sept-Venus, celui des logis royaux. Il existe une semblable galerie au château de Vigevano, près de Milan, où l'on sait que Charles VIII s'est arrêté en 1494.
Charles VIII fait aussi élever deux énormes tours circulaires, celle des Minimes au nord, de 20 mètres de diamètre, et la tour Heurtault au sud, de 24 mètres de diamètre, terminée après la mort du roi, vers 1501-1502.
La dernière clef de voûte de la tour Heurtault, bûchée à la Révolution, porte encore la trace des piquants du porc-épic de Louis XII. Chacune de ces deux tours contient une rampe qui permet d'accéder au château. Au nord, elle débouche sur la galerie du jardin
et la terrasse de l'aile Charles VIII ; au sud, elle arrive à proximité de la "galerie à monter à cheval" qui mène au logis du roi.
Dans le projet initial, le jardin conçu par Pacello da Mercogliano devait être bordé d'une galerie, entièrement construite en avant du rocher sur une épaisse muraille, entre la tour des Minimes et le couvent du même nom qui se trouvait à l'est du château. Seules les cinq premières travées de cette galerie sont en place, dans le prolongement de l'aile nord.
Louis XII se contente de terminer quelques travaux en cours et délaisse Amboise pour Blois. Sous François Ier, le logis royal se rapproche du jardin. Le roi fait ajouter un étage au bâtiment qui borde le jardin à l'ouest pour y installer le logis de la reine, lui-même occupant le logis du niveau placé dessous. La disposition redevient traditionnelle, avec une salle pour chacun des logis royaux.
Sous le règne de Catherine de Médicis et Henri II, le logis royal se développe, il se transforme en un appartement plus vaste où apparaît une pièce nouvelle, l'antichambre,
qui s'intercale entre la salle et la chambre. Catherine de Médicis occupe l'ensemble de l'aile habitée précédemment par François Ier et Claude de France, tandis qu'un nouveau bâtiment est construit pour accueillir l'appartement du roi Henri II, entre le logis de la reine et le jardin.
De toutes ces constructions, beaucoup ont disparu, démolies pierre par pierre dans les années 1805-1806 sous la sénatorerie de Roger Ducos : les logis royaux du donjon, le logis des Sept-Vertus, la collégiale Saint-Florentin, le bâtiment construit pour abriter l'appartement du roi Henri II.
Il faut un effort d'imagination pour retrouver ce que fut la grandeur d'Amboise.
Propriété de la fondation Saint-Louis, créée par le comte de Paris, le bâtiment dégage une atmosphère médiévale.
Tantôt résidence royale, tantôt prison (Abd el-Kader et le surintendant Fouquet en furent les hôtes), il offre depuis sa terrasse une superbe vue sur la ville et la Loire.
La chapelle Saint-Hubert, chef-d'œuvre de l'architecture gothique de la fin du XVème siècle, se dresse sur la terrasse et abrite des ossements attribués à Léonard de Vinci que François 1er avait fait venir à Amboise.
Ouvert tous les jours.
Du 2 au 31 janvier - 9h à 12h et 14h à 17h.
Du 1er février au 31 mars - 9h à 12h et 14h à 17h30.
Du 1er avril au 30 juin - 18 h30.
Du 1er juillet au 31 août - 9h à 20h.
Du 1er septembre au 31 octobre - 9h à 18h.
Du 1er au 30 novembre - 9h à 12h et 14h à 17h30.
Du 1er au 31 décembre - 9h à 12h et 14h à 17h.
Tél. : 02 47 57 00 98
Spectacle son et lumière. "A la cour du roi François",
avec plusieurs centaines de figurants.
Tél. : (33) 2 47 57 14 47 |