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Ouvert tous les jours.
Du 15 mars au 15 octobre, de 9h à 18h30.
Du 15 juin au 31 août, de 9h à 20h.
Du 1er septembre au 14 mars, de 9h à 12h30 et de 14h à 17h30.
Fermé les 25 décembre et 1er janvier.
Tél. : 02 54 74 16 06
Son et Lumière : du 1er mai au 30 septembre.
Tél. : 02 54 78 74 03 |
Le château de Blois, tel qu'on
l'admire aujourd'hui, alliant gothique, Renaissance
et baroque, doit beaucoup à Prosper Mérimée
qui le fit classer "monument historique" en
1840.L'ancienne forteresse des comtes
de Blois retrouve une nouvelle vie lorsque Louis
XII s'y installe au début de son règne.
Son père, Charles d'Orléans, prisonnier
des Anglais pendant vingt-cinq ans, avait autrefois
fait de Blois un lieu de création poétique à son
retour de captivité en 1440. Louis XII entreprend
de reconstruire le château dès 1498.
Il commence par élever le corps de logis de
l'entrée, d'une belle polychromie brique et
pierre, dont la façade extérieure donne
alors sur une avant-cour. Des losanges de brique noire
ajoutent au raffinement du décor. Une statue équestre,
placée dans une niche, monumentalise l'entrée
et lui donne un caractère solennel.
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Tous les éléments décoratifs appartiennent
au style gothique : les moulurations, les arcs retombant
sur des culots, les trilobes dans le couronnement du
mur, les pinacles des lucarnes.
Toutefois, quelques motifs Renaissance se dissimulent
parfois, tel un petit candélabre discrètement
sculpté sur un pinacle au-dessus de la porte
d'entrée.
Le revers de l'aile, sur la cour, tente d'associer
le nouveau répertoire ornemental et la structure
gothique.
Au rez-de-chaussée de la galerie, des colonnes
aux fûts losangés, timbrés de la
fleur de lys et de l'hermine royales, alternent avec
des piliers dont le plan superpose un cercle et un
carré.
Chaque pilier donne donc l'illusion de deux volumes
imbriqués, selon une manière toute gothique,
tandis que ses quatre tables rentrantes bombées
s'ornent de candélabres Renaissance.
À l'étage, les allèges se prolongent, en haut et en bas,
par un double corps de moulures, si bien que le champ décoratif paraît
se multiplier latéralement, et que les allèges alternent avec des
sortes de compartiments ornés comme des frises.
Au-delà du simple effet de régularisation
de la façade, cette disposition nouvelle est
très importante parce qu'elle constitue une
structure d'accueil pour l'entablement qui s'introduira
bientôt dans l'architecture française
: l'architrave et la corniche remplaceront les deux
corps de moulures, la frise prendra la place des surfaces
plates des allèges et compartiments.
Le corps de logis Louis
XII recèle une autre originalité,
son plan, identique à celui du logis des Sept-Vertus
au château d'Amboise.
Deux logis symétriques, composés d'une
chambre et d'une garde-robe, s'organisent de part et
d'autre d'une salle centrale.
Toutefois, à la différence du logis des
Sept-Vertus, le bâtiment de l'aile d'entrée élevé par Louis
XII à Blois, n'est pas le logis royal. On
sait qu'il abrite l'archiduc et l'archiduchesse d'Autriche
lors de leur passage à Blois en décembre
1501.
Le logis du roi et de la reine se trouvent alors dans
une autre aile, plus ancienne, détruite depuis
et remplacée par l'aile François
1er.
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Une quinzaine d'années sépare la construction
de l'aile Louis
XII et celle de l'aile François
1er, quinze années durant lesquelles l'invention
architecturale a mûri.
Dans l'aile François
1er, la rencontre est plus radicale entre l'Italie
et la France. Il ne s'agit plus de sculpter de timides
motifs Renaissance sur une structure gothique mais
de modifier plus profondément les formes architecturales
et ornementales. L'escalier attire tous les regards.
Placé autrefois au centre de l'aile dont l'extrémité gauche
a disparu, il perpétue la tradition française
de la vis hors-oeuvre et s'ouvre par de larges baies.
Lorsqu'il en gravit les marches, le roi peut jouir
du spectacle extérieur et il devient lui-même
spectacle pour les courtisans qui le suivent du regard
depuis la cour.
Toute la cage extérieure de l'escalier est couverte
de fines sculptures, rinceaux aux tiges grêles
et candélabres délicats, qui voisinent
parfois avec un cordon de feuillage gothique oublié dans
ce répertoire Renaissance.
À l'intérieur, le décor se concentre sur le noyau, partagé en
compartiments successifs.
D'une grande sobriété, le limon mouluré forme,
avec la main courante, un jeu de lignes en spirale
qui s'enroulent autour du noyau et donnent l'illusion
de se prolonger et se détendre dans les moulures
de la fausse voûte.
Le décor quadrille la façade de l'aile.
Les trumeaux forment des compartiments indépendants,
encadrés de moulures.
La formule, identique à celle de l'aile François
1er à Amboise où une
moulure ornée d'une tresse encadre le trumeau,
se retrouve quelques années plus tard à Chambord.
Concession à l'art italien, une lourde corniche,
double dans sa structure et surmontée d'une
balustrade, couronne la façade. Cette disposition
masque la partie inférieure des lucarnes, c'est
pourquoi elle sera peu imitée : la formule italienne
qui insiste sur les horizontales, contredit le système
français des travées verticales.
Une autre solution plus habituelle, employée
en particulier à Chenonceau,
consiste à répandre le décor sculpté dans
le couronnement du mur sans lui donner de volume, afin
ne pas rompre les verticales.
La partie de la façade située à gauche
de l'escalier surprend par sa plus grande sobriété et
son décor moins abondant. La différence
stylistique s'explique par un léger décalage
de la construction. |
Les travaux commencent dans la partie droite dès
le printemps 1515, mais seulement à la fin de
1516 ou au début de 1517 dans la partie gauche, à un
moment où le décor tend à se discipliner
et à se fixer dans quelques points précis. Au revers de l'aile François
1er, la façade des Loges doit son nom à une
suite de niches closes et non communicantes qui donnent
sur le jardin.
En fait, on a doublé en profondeur les bâtiments
et l'on a construit de l'autre côté de
la muraille, maintenant englobée au milieu de
l'aile.Comme la façade sur cour, la façade des
Loges donne l'illusion d'être homogène.
Des différences stylistiques indiquent que,
de ce côté aussi, les travaux se sont
déroulés en deux campagnes.
À droite de la tour du Milieu,les arcs en anse-de-panier et le décor
sculpté plus abondant indiquent une construction plus précoce,
fin 1515, tandis que, à gauche, les arcs surbaissés et les travées
plus régulières sont construits vers 1519-1520.
Le doublement de l'aile a ajouté des pièces
au logis royal, un oratoire, une petite galerie privée
et un cabinet lambrissé qui a longtemps porté,
de façon abusive, le nom de studio de Catherine
de Médicis : avec ses candélabres
et ses disques, son décor est bien caractéristique
du règne de François
1er ; le style ornemental du règne de Catherine
de Médicis et Henri
II se reconnaît à l'omniprésence
d'un autre motif, le cuir, sorte d'écu découpé dont
les bords s'enroulent.
Le cabinet de François
1er à Blois est le seul cabinet royal du
XVIème siècle dont le décor ait été conservé.
Au XVIIème siècle, Gaston d'Orléans
confie à François Mansart la construction
de l'aile qui occupe le fond de la cour, face à l'aile Louis
XII.
Édifiée entre 1635 et 1638, elle remplace des bâtiments hétéroclites
qu'un précédent projet prévoyait déjà de démolir
sous le règne du roi Henri
IV.
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Le corps de bâtiment principal, encadré de
deux pavillons, comporte un avant-corps central de
trois travées, fortement souligné par
l'emploi de trois ordres superposés,
dorique, ionique et corinthien.
Il est couvert par un seul toit et l'avant-corps central
se détache comme une avancée du toit
principal. La couverture se transforme et s'abaisse,
avec un toit à double pente dont une seule est
rapide, qui remplace le traditionnel toit haut à une
seule pente rapide.
Ce toit est appelé "à la Mansart" bien
que Mansart ne l'ait pas inventé puisque Lescot
l'a déjà utilisé au Louvre.
Sans doute interrompu pour des questions financières,
le chantier n'est pas terminé du vivant de Gaston
d'Orléans et François Mansart.
On aménage l'intérieur au XIXème
siècle, et l'on termine l'escalier entre les
deux guerres mondiales.
L'aile Gaston d'Orléans n'en demeure pas moins
un grand morceau d'architecture.
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