C'est une période fastueuse pour la Bourdaisière
dont le nouveau seigneur exerce, entre autres fonctions,
celles d'argentier de
François
1er et de surintendant des finances. La petite-fille
de Philibert Babou et Marie Gaudin n'est autre que
Gabrielle
d'Estrées, favorite de
Henri
IV.
À partir du XVIIème siècle, les
propriétaires se succédèrent.
Le domaine, érigé en marquisat en 1717,
passe au duc de Luynes, puis finit entre les mains
de
Choiseul qui se retire près d'
Amboise après sa disgrâce.
Choiseul ordonne la démolition du château dont
il utilise les pierres pour la construction de
Chanteloup.
En 1786, les terres sont vendues à Louise Adélaïde
de Bourbon Penthièvre, avant de devenir bien
national.
Enfin, au XIXème siècle, le baron Angellier
décide de reconstruire le château dans
le style Renaissance, afin de faire revivre le souvenir
de la luxueuse résidence de Philibert Babou.
L'architecture de la Bourdaisière offre une
conception idéalisée du château
Renaissance, avec une parfaite symétrie des
façades, dérangée toutefois au
nord et à l'est par la présence plus
importante de substructions.
L'escalier de la façade sud est une référence
directe à celui d'
Azay,
terminé par une lucarne monumentale. Toutefois
l'interprétation diffère.
À
Azay,
le fronton de la lucarne comporte deux trapèzes
curvilignes imbriqués dans un trapèze
plus grand. Il reprend, dans un autre langage ornemental,
la formule du couronnement des baies de l'escalier
Dunois à
Châteaudun où deux remplages flamboyants s'imbriquent
dans un troisième remplage.
À la Bourdaisière, les deux petits trapèzes
tendent à s'écarter latéralement
et à se détacher du troisième,
ce qui change tout l'effet architectural.
Autre différence, le couronnement de la Bourdaisière
est sommé de lourds acrotères qui concluent
de manière un peu sèche l'élévation,
tandis qu'à
Azay,
un fin réseau ajouré de formes en "S"
relie les acrotères et renouvelle les transparences
chères au gothique. Enfin, l'organisation des
baies est différente. Par souci de régularité,
l'architecte de la Bourdaisière aligne les
baies de l'escalier et celles de la façade,
tandis qu'à
Azay le maître d'uvre choisit de les décaler
pour mieux signaler le volume de l'escalier.
Les communs, développés sur deux ailes,
offrent une architecture plus authentique.
L'aile ouest contient une belle salle voûtée
d'arêtes, partagée autrefois en trois
volumes.
Les lucarnes avec leurs ailerons à volutes
rentrantes en adoucissement se rapportent au règne
du roi
Henri IV.
On peut encore voir à l'église Saint-Denis,
à
Amboise,
l'une des dernières uvres de l'École
de Tours, une
Mise au Tombeau qui provient
d'une ancienne chapelle de la Bourdaisière.
Selon la tradition, Philibert Babou y serait représenté
dans le personnage de Joseph d'Arimathie, Matie Gaudin
dans celui de la Vierge et leurs trois filles dans
les saintes femmes.