Le contraste entre la personnalité du seigneur des lieux et la sobriété de
Talcy, simple maison forte dans un village, étonne toujours : l'idée
qu'un riche florentin ait pu se contenter de résider dans un château
d'apparence austère, sans décor, paraît saugrenue.
On imaginerait plus volontiers Bernard Salviati évoluant dans le
cadre prestigieux et richement orné de
Chenonceau ou
d'
Azay.
C'est oublier un peu vite l'austérité des places fortes de
Toscane et la sévérité extérieure des palais
florentins qui n'en laisse pas deviner le luxe intérieur.
L'accès, au sud, se fait par un châtelet d'entrée de
plan carré, cantonné de trois tours polygonales aux angles.
La quatrième tour qui manque côté cour a été détruite
en même temps que l'aile est du château.
Un large chemin de ronde continu, autrefois découvert, relie les
tourelles, porté par un mâchicoulis très proéminent.
Les consoles, moulurées de larges doucines et de quarts-de-rond,
se développent sur un triple ressaut. Une arcature relie les consoles
sur les murs sud et ouest, tandis que du côté nord et est,
le parapet n'est pas échancré, peut- être en raison
d'une interruption des travaux.
Le mâchicoulis n'a pas été terminé, interrompu
au niveau de la tour nord-est.
Tel qu'il a été conçu, l'ample chemin de ronde, totalement
inopérant, s'apparente plus à un promenoir qu'à un
organe défensif.
Le volume ostentatoire du mâchicoulis rappelle la ligne appuyée
de ceux qui concluent les rudes façades des places fortes de Toscane.
L'aspect défensif du châtelet, dont aucun pont-levis n'interdit
l'accès, est un choix esthétique autant que symbolique.
Dans la cour, subsistent l'aile ouest et un portique de quatre travées
qui relie le châtelet et l'aile ouest.
Les arcades surbaissées retombent sur trois piliers sans chapiteaux.
Comme à Fougères-sur-Bièvre, la galerie s'inspire
de celle qui portait autrefois le nom de Charles d'Orléans à
Blois,
en fait élevée par
Louis
XII dans les années 1500-1510.