Les jardins actuels ont été conçus
sous la Renaissance, quand
Henri
II offrit son château à la belle
Diane
de Poitiers.
Elle eut l'idée de construire un pont enjambant le Cher et entreprit
dès 1551 des travaux d'aménagement d'une terrasse sur la
rive droite de la rivière, à l'est du château, sur
2 hectares.
14 000 journées d'ouvriers y furent consacrées.
Henri
II leva un impôt sur les cloches pour les financer.
Diane fit
appel à tous les amateurs de jardins de Touraine. Deux archevêques
lui firent don de leurs nouvelles variétés de lys, de rosiers,
de poiriers, de mûriers blancs ou de pruniers.
Un fontainier de Tours, Cardin de Valence, orna le parc de ses oeuvres.
Un jet d'eau agrémenta le centre de la composition. On lui dessina
un labyrinthe, des cabinets de verdure, un jeu de paume.
En 1559, à la mort d'
Henri
II,
Diane laissa
la place à la reine
Catherine
de Médicis. Le château s'agrandit de deux étages
sur le pont.
Sur la rive droite du Cher, vers l'ouest, la reine fit aménager
le parterre qui porte encore son nom et fit dessiner par Bernard Palissy,
sur la rive gauche, le parc Francueil. Palissy divisa le jardin en compartiments
symétriques, à l'italienne, en adaptant le jardin à la
nature.
Le domaine passa dans plusieurs mains et, en 1913, devint propriété de
la famille Menier, qui le possède encore (152 hectares).
Les visiteurs arrivent par une grandiose allée de platanes anciens.
De loin, le château ne se révèle pas encore dans
sa grandeur. On le découvre peu à peu, émergeant
de la vallée du Cher et précédé des deux
jardins ; celui de
Diane, à gauche
de la cour d'honneur, est divisé en huit triangles de broderies à la
française où voisinent les ifs taillés (de 50 ans
environ), les
Hibiscus, les lauriers du Portugal (Prunus lusitanica),
le buis, le santoline et la vigne. Le jet d'eau de
Diane a
disparu. De l'autre côté de l'axe, le jardin de
Catherine déploie,
autour d'une pièce d'eau circulaire, ses petits parterres plus
intimes, de gazon et de plates-bandes de fleurs annuelles. Autour de
ces parterres, des beaux arbres (séquoïa séant,
Tsuga,
thuya, cèdre bleu de l'Atlas, sapin d'Espagne, etc.) introduisent
le visiteur aux parties plus forestières du parc, à l'ouest
comme à l'est et même sur l'autre rive, au sud.
Dans la bonne tradition française pré-classique, c'est
en se promenant que l'on découvre les trésors cachés
: bassin, labyrinthe, cariatides monumentales, charmille circulaire autour
du tennis.
Au nord, la ferme des XVlème et XVllème siècles
offre un bel ensemble architectural. Le jardin bouquetier produit chaque
année les 80 000 plants de fleurs annuelles ainsi que les fleurs à couper
pour les bouquets du château, fort appréciés des
visiteurs (20 bouquets deux fois par semaine).